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samedi 7 septembre 2013

DĂ©partement de Pointe-Noire : Le gouvernement rĂ©ussira-t-il Ă  mettre fin Ă  l’occupation anarchique du domaine forestier d’E.f.c?

Photo : Les champs d’eucalyptus d’E.f.c à Pointe-Noire.

Le conseil des ministres du 8 août dernier avait mis en évidence l’occupation anarchique du domaine forestier de la société E.f.c (Eucalyptus fibres du Congo), qui menace l’avenir de cette société et partant, les plus de trois mille emplois (quatre cents directs et plus de deux mille cinq cents indirects) qu’elle compte. C’est pourquoi, il avait recommandé, entre autres, la récupération du domaine spolié, la surveillance permanente du massif forestier d’E.f.c, la poursuite judiciaire des propriétaires terriens y ayant vendu des parcelles de terrain et l’annulation des titres fonciers acquis sur ces terrains.

Suite à la décision du conseil des ministres, une délégation gouvernementale, comprenant les ministres Henri Djombo (économie forestière et développement durable), Pierre Mabiala (affaires foncières et domaine public) et Zéphirin Mboulou (intérieur et décentralisation), a effectué, il y a quelques semaines, un séjour de travail à Pointe-Noire, pour s’enquérir de la situation. A l’issue d’une réunion avec les autorités politico-administratives locales, une commission de suivi de cette situation a été mise en place. 

Présidée par le préfet de Pointe-Noire, Alexandre Honoré Packa, cette commission comprend le maire de la ville, Roland Bouiti-Viaudo, le préfet du Kouilou, Fidèle Dimou, le commandant de la zone militaire de défense n°1, le général Jean Ollessongo Ondaye, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Pointe-Noire, etc. Elle a pour mission d’exécuter les décisions prises par le conseil des ministres, pour sauver le massif forestier  de la société E.f.c. Pour ne pas brusquer les choses, la commission a choisi d’aller par étape. Actuellement, elle se trouve à l’étape de la sensibilisation des occupants de parcelles de terrain dont certains ont déjà même construit des maisons. Car, l’application des ces décisions gouvernementales implique la destruction de plus d’un millier de bâtiments déjà existant.

Le domaine forestier d’E.f.c spolié concerne trois sites: Mongo-Kamba/Vindoulou, Patra et Mongo-Mpoukou.  Sur ces trois sites, ce sont de nombreuses personnes physiques et morales (entreprises) qui y ont déjà acquis des parcelles de terrain auprès de propriétaires fonciers, et y ont construit des maisons ou les ont mises en valeur.

Les acquisitions datent, pour certaines, de plus d’une décennie, entendu que c’est au lendemain de la guerre civile de 1997 que la ville de Pointe-Noire a connu un boom démographique ayant entraîné son extension et donc une ruée vers les parcelles de terrain dans ces domaines. Les lotissements ont été faits avec le concours des services techniques de l’Etat, qui ont délivré des permis d’occuper et même des titres fonciers… 

Depuis 1998, plus de 9.000 hectares de plantations d’eucalyptus, appartenant à E.f.c, sont déjà occupés de façon anarchique, sur les 42.000 hectares acquis, au départ. Aujourd’hui, les mesures préconisées par le gouvernement suscitent des remous sociaux. Les citoyens qui y ont, déjà, construit leurs maisons n’entendent pas perdre le fruit de leur dur labeur. Plus d’un millier de familles sont concernées par cette situation. D’où la complexité de la décision du gouvernement de les déguerpir. Le gouvernement aurait pu agir plus tôt, pour protéger ce patrimoine. Après avoir été laxiste, pendant des années, et laissé les citoyens s’installer, le voilà qui se réveille, crie-t-on, dans la ville. Certaines personnes pensent qu’il est possible d’octroyer d’autres terres à l’E.f.c et ce n’est pas ce qui manque dans les environs de Pointe-Noire.

Par Jrang An@go.

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